Impact du COVID 19 sur les activités industrielles en ASEAN-Océanie

Secteurs concernés :

Le secteur maritime

La mobilité

Les matières premières énergétiques

La transition énergétique
  

  

Le secteur maritime

La situation actuelle

Le secteur maritime revêt une importance mondiale considérable, mais particulièrement en Asie du Sud-Est-Océanie où les activités navales et maritimes sont actuellement très fortement perturbées mais tempérées par un début de reprise chinoise.

Le ministère indonésien des affaires maritimes et de la pêche a imposé des restrictions à l'importation de produits de la pêche et de produits connexes en provenance de Chine afin d'atténuer tout risque potentiel de transmission du virus. Néanmoins les chantiers de tous les secteurs continuent de fonctionner malgré une baisse de la productivité.

De même, l'Autorité maritime et portuaire de Singapour a commencé à contrôler la température des arrivants à tous les points de contrôle en mer, y compris les terminaux des ferries et des croisières, les terminaux PSA et le port de Jurong. Elle a également mis en place des règlementations visant à prendre des mesures de précaution supplémentaires, telles que l'interdiction des congés à terre pour le personnel dans les ports chinois, le contrôle des températures obligatoires, la tenue d'un registre des mouvements de l'équipage, entre autres.

Dans les ports de l'Etat du Queensland en Australie, les navires sont parfois contraints de respecter une quarantaine de 14 jours afin de freiner la propagation du covid-19.

Impact du COVID 19 sur le transport maritime

La pandémie a entraîné une baisse de la demande et des difficultés de livraison. Les compagnies maritimes réduisent le transport par navires et beaucoup de navires sont considérés comme des navires de "quarantaine flottante" car retenus dans les docks. La chaîne d'approvisionnement intra-asiatique et mondiale a été fortement touchée cependant l’activité s’est poursuivie, notamment pour permettre les approvisionnements de biens de première nécessité.A la mi-mai, l'armateur français CMA-CGM constatait qu’ "après un ralentissement de six semaines, l'activité à l'export est en voie de retour à la normale avec un rebond des volumes et un probable effet de rattrapage pour reconstituer les stocks".

Impact à long terme du coronavirus sur le transport maritime : investissement dans les technologies de fret

Les experts prévoient un accroissement des investissements dans les technologies de fret, d’analyses de données, les logiciels d'intelligence artificielle et la mise en place de gestion globale de bout en bout de la chaîne d'approvisionnement. L'augmentation des investissements dans ces segments s'accompagnera d'une croissance du secteur des ports et navires autonomes.Cette tendance est déjà en cours en ASEAN-Océanie avec l’automatisation du port de Brisbane et de l’installation de remorqueurs portuaires autonomes à Singapour.Business France vous accompagne et analyse les impacts de la pandémie sur le secteur maritime et identifiera les nouvelles opportunités et tendances en ASEAN Océanie.

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La mobilité

Malgré la crise sanitaire sans-précédent que traverse le monde, le secteur de la mobilité en ASEAN-Océanie reste l’un des secteurs majeurs pour les entreprises : si la plupart des pays de la zone ont diminué les budgets des différents ministères afin de pouvoir lutter contre le COVID-19 (dont ceux dédiés aux transports), de nombreux projets sont toujours d’actualité.

Transports ferroviaires et urbains

Au niveau des transports ferroviaire urbains, la Thaïlande et l’Indonésie sont de parfaits exemples avec de nombreux projets toujours en cours de développement comme la ligne Orange (partie Ouest) à Bangkok, le projet de tramway à Phuket ou bien le LRT Phase 1 à Jakarta.

Plusieurs projets de lignes à grande vitesse sont également maintenus comme la ligne Jakarta - Bandung en Indonésie ou la ligne reliant les 3 aéroports de Bangkok (Don Mueang – Suvanarbhumi – UTapao) en Thaïlande.

Il est aussi possible de citer le gouvernement malaisien qui a décidé de réactiver deux projets ambitieux, avec certains réajustements au niveau des coûts, afin de relancer l’économie post-COVID-19 : la liaison ferroviaire East Coast Rail Link et le train à grande vitesse Kuala Lumpur-Singapour.

Intelligent Transport System (ITS)

Concernant les ITS, Singapour et la Malaisie restent les principaux marchés porteurs d’opportunités pour les acteurs français.

Singapour est l’un des pays les plus avancés au monde sur les questions d’ITS. Le plan stratégique ITS à horizon 2030, publié en 2014, adresse les enjeux nationaux et renforce la présence et l’utilisation de technologies ITS sur le territoire. Bien que ce marché soit plutôt saturé pour l’offre française, il peut se révéler un véritable terrain d’opportunités pour les entreprises proposant une offre extrêmement innovante.

La Malaisie est également un véritable pays prometteur sur les questions ITS. Le pays a publié en Juin dernier un vaste plan de développement des ITS faisant suite aux premières initiatives prises sur le territoire. Le pays a de véritables besoins en termes d’équipements, de technologies et d’accompagnements. Les ambitions sont élevées et les différents acteurs de ce marché se donnent les moyens de les atteindre, même en ces temps de crise.

Automobile

L’automobile est malheureusement le secteur de la mobilité le plus touché. La Thaïlande et la Malaisie, principaux pays producteurs dans la zone, sont touchés de plein fouet par la chute des flux entrants et sortants de véhicules et composants automobiles. Le secteur des véhicules électriques devrait cependant résister avec de nouveaux investissements étrangers (exemple de Mitsubishi Motors va investir près de 150 M EUR en Thaïlande pour augmenter sa ligne de production de véhicules électriques).

Ces marchés, et projets, restent ouverts aux investisseurs et entreprises étrangères afin d’accompagner les pays de la zone dans le développement de la mobilité et l’expertise française y est bien représentée et reconnue. Une fois la crise du COVID-19 passée, les différents acteurs de ce secteur en ASEANO vont avoir besoin de soutien et d’accompagnement pour avancer sur les projets de mobilité et relancer l’économie.

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Impact du Covid-19 sur le secteur des matières premières énergétiques

Le secteur des matières premières énergétiques, en particulier le pétrole, a été fortement impacté par la pandémie Covid 19.. Les perturbations liées au COVID-19 conjuguées à la concurrence des prix saoudiens et russes a fait chuter le prix du Brent de 53 % au mois de mars 2020 pour atteindre 23 USD le baril, son plus bas niveau en 17 ans. Au moins un dixième de la production mondiale de pétrole n'est pas rentable à ce prix.

Les prix des métaux industriels ont également chuté au cours du mois dernier. Le cuivre a baissé de 20 %, le nickel de 13 % et le zinc de 14 %. A noter cependant que l’entreprise minière BHP, le premier groupe minier mondial, devrait atteindre ses objectifs de production de fer en 2020 ; une approche optimiste de BHP qui table sur une reprise de la consommation chinoise de fer et qui rassure les investisseurs. Le groupe a cependant réduit ses ambitions pour d’autres minerais (cuivre, nickel et charbon thermique)

Grâce à une politique stricte de gestion des coûts et à la mise en place de programmes d’excellence opérationnelle au cours des 5-10 dernières années, les grandes compagnies minières australiennes ont diversifié leurs activités et sont dans une bien meilleure situation financière que lors de la crise de 2008 et lors de la dernière chute des prix des matières premières en 2015. Cependant, les mines se trouvent généralement dans des endroits reculés caractérisés par des opérations FIFO (Fly In Fly Out). Cela les rend vulnérables à un virus très contagieux comme le COVID-19. Les efforts déployés pour contenir le virus en limitant la circulation de la main-d'œuvre et le transport auront inévitablement un impact sur la production.

En Indonésie, la chute de l’activité manufacturière en Chine impacte les compagnies minières productrices de charbon, de nickel et d'étain, qui dépendent du marché chinois. Au moins un projet de fonderie de nickel a été suspendu, tandis que la production des installations existantes est en baisse. Les mineurs de charbon, quant à eux, doivent faire face à un coup double, à savoir le ralentissement de la demande chinoise et un ralentissement anticipé du marché intérieur indonésien.

Baisse temporaire de la confiance et des investissements

L’Australie pourrait perdre son rang de premier exportateur mondial de GNL. À eux trois, Woodside, Santos et Oil Search ont retardé plus de 80 Mds AUD (47 Mds EUR) d'investissements (et les 3200 emplois correspondants) dans le GNL en Australie et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, faute de rentabilité. Les retards ne vont pas seulement repousser la croissance potentielle du GNL, mais aussi bloquer les usines de la côte Nord-Ouest qui dépendent de nouveaux champs pour maintenir leur production. Outre l'évolution de l'offre, le principal défi pour les matières premières énergétiques est le manque de confiance des investisseurs.

Préparons la reprise de l’activité

Chris Salisbury, Directeur Général de la division minerai de fer Rio Tinto annonce le 7 avril 2020 : "Notre première priorité est la santé et la sécurité de nos populations et de nos communautés. Nous continuerons de renforcer les mesures de protection sur l'ensemble de nos activités et dans les aéroports et donnons la priorité à la santé et à la sécurité de nos employés. […] Ces mesures nous permettent de poursuivre nos activités, afin de continuer à fournir nos clients et à maintenir notre forte contribution à l’économie de l’Australie Occidentale et de l'Australie en cette période très difficile".

Comme nous avons pu le voir en Australie, le but est de maintenir à tout prix la production minière considérée comme essentielle à l’économie australienne. Lorsque la demande chinoise et l’économie mondiale reprendront leur croissance, les sociétés minières de la région ASEAN Océanie seront à nouveau à l’écoute des solutions et technologies innovantes pour continuer à améliorer la sécurité, la productivité et la durabilité de leurs opérations.Business France analyse les impacts de la pandémie sur les secteurs minier et du pétrole & gas et vous accompagne pour identifier les principales opportunités et projets en ASEAN Océanie.

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Le Covid 19, un frein ou un accélérateur de la transition énergétique en ASEAN-Océanie ?

La situation actuelle

Ces dernières années, la région ASEAN-Océanie connait une très forte croissance de la demande en électricité: +6% chaque année, un des taux les plus rapide au monde d’après l’agence internationale de l’Energie (IEA).Pourtant, la région compte encore 200 millions d’habitants sans accès à l’électricité et 1.2 milliards d’habitants sans accès à des ressources « propres » pour les activités de cuisson. Les besoins en solutions de production et de distribution d’énergie sont donc conséquents, et variés.

- Les projets d’envergure, (développement du réseau de distribution, construction de centrales de grande capacité etc..) sont généralement portés par les acteurs publics incontournables dans le secteur de l’Energie  : 70% des investissements de ce secteur sont stimulés par les stratégies gouvernementales d’investissements, ou d’incitation fiscales et/ou réglementaires (source : IEA).

- Les solutions décentralisées et de plus petite capacité ont également toutes leur place pour répondre aux besoins de la région : la population non raccordée étant majoritairement une population rurale et dans certain cas insulaire. 

- Les solutions techniques (smart grid, efficacité énergétique) : les pays développés et matures de la région (Malaise, Thaïlande, Australie, Singapour) recherchent dorénavant des solutions d’optimisation de leur production, distributions et consommations énergétique.

Impact du COVID 19 sur le secteur

Comme sur l’ensemble du globe, la crise COVID 19 a déstabilisé le système énergétique de la région . Les mesures de confinement appliquées dans de nombreux pays ont entrainé une forte diminution de la demande en électricité, l’augmentation de la consommation électrique des ménages restant mineure au regard de la diminution de la consommation de l’industrie et des commerces.

L’impact de la chute du prix du baril de Brent a eu un effet collatéral sur le développement des projets d’énergie renouvelables (Solaires, Biomasse, biocarburant) qui ont vu leur viabilité financière remise en question. Son impact sur le cout de l’électricité produite dans la région reste cependant limité: seuls 1,8% de l’électricité produite en Asie du Sud Est repose sur des ressources pétrolières.

Les projets de production et de distribution d’énergie ont également été impacté par une pénurie de composants en grand partie manufacturés en Chine. 

Quelles opportunités à l’issue de la crise ?

Dans le contexte actuel, nous ne connaissons pas encore précisément les choix que feront les pays de la région : vont-ils diminuer les budgets prévus initialement pour financer la transition énergétique de leur pays, ou bien vont-ils au contraire placer cette thématique au cœur de leur plan de reprise ?

Les signaux positifs suivants amènent à pencher vers la seconde option :

  • Australie, : Le territoire du nord de l’Australie a légiféré pour un plan de reprise post covid axé sur le développement des énergies solaires, tandis que le gouvernement de New South Wale axe sont plan de reprise post covid sur le développement des solutions de stockage de l’énergie.
  • Vietnam : Le gouvernement vietnamien a annoncé en avril une réduction spectaculaire de ses plans de développement de centrales électriques au charbon marquant sa préférence pour les projets éoliens et le solaires. (En 2019, le Vietnam a multiplié par 10 sa capacité solaire en une seule année).
  • Indonésie: en Janvier, le gouvernement annonçait le remplacement de ses centrales à charbon ayant plus de 20 ans d’ancienneté par des centrales à énergie renouvelable.
  • Myanmar : en mai, le ministère de l’Electricité et de l’énergie a lancé un appel aux investisseurs locaux et étranger pour un projet solaire d’1 GW.
  • Malaisie: En septembre 2019, le gouvernement annonçait son objectif de voir 20% de son mix énergétique attribué à des ressources renouvelables à horizon 2025.

Pour mémoire : les dix pays du bloc ASEAN ont ratifié les accords de Paris (COP 21) ,leur INDC (Intended Nationally Determined Contribution) les engageant au global à atteindre un ratio de 23% d’énergies renouvelables dans leur mix énergétique primaire d’ici 2025.

   

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